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Gestion du dépôt-vente et de la consignation : suivre un stock qui n’est pas à vous

20 août 2026 · Stocks · 12 min de lecture

Sommaire

Un fournisseur de produits cosmétiques s’arrête devant votre boutique de Thiès un mardi matin. Il descend trois cartons de son pick-up, pose 120 flacons sur votre étagère et lâche la phrase que tout le monde connaît : « Tu me paies ce qui se vend, tu me rends le reste. » Rien de signé, rien de payé, et vous êtes content : le rayon est plein sans sortir un franc. Six mois plus tard, il réclame son argent et personne ne sait plus combien de flacons sont partis. Toute la gestion du dépôt-vente se joue là : le jour de la livraison, pas le jour du litige.

À la fin de cette page, vous saurez quoi écrire avant d’accepter une marchandise qui ne vous appartient pas, comment la compter sans la mélanger à la vôtre, et comment organiser la reprise des invendus pour qu’elle ait vraiment lieu. Les deux rôles sont traités : celui qui reçoit la marchandise, et celui qui la confie.

120flacons posés sur votre étagère, aucun acheté
420 000FCFA en dépôt au prix public, hors de votre stock
0FCFA de trésorerie engagée le jour de la livraison
84 000FCFA de commission si les 120 flacons partent

Deux rôles, deux risques opposés

Le dépôt-vente met toujours deux personnes face à face. Celui qui confie la marchandise compte bien la récupérer ou en être payé : elle dort chez quelqu’un d’autre, mais il ne l’a pas vendue. Celui qui reçoit expose et encaisse sans avoir rien acheté : il vend, puis il reverse. Dans le langage courant, la consignation désigne la même mécanique, souvent entre un industriel et son revendeur.

Les deux ne risquent pas la même chose. Celui qui reçoit risque de payer deux fois, ou d’être accusé d’avoir vendu ce qu’il n’a jamais vendu. Celui qui confie risque de ne revoir ni sa marchandise ni son argent, et de découvrir au bout d’un an que ses 120 flacons ont fondu sans traçabilité. Dans les deux cas, le remède est le même que pour le reste de votre gestion de stock : compter, écrire, et compter à nouveau à date fixe.

Acheter ferme ou prendre en dépôt-vente
Au quotidien Achat ferme Dépôt-vente
Trésorerie engagée
Risque d’invendu
Marge ±
Liberté de prix
Suivi nécessaire

La règle de base : ce stock n’est pas encore le vôtre

Tant qu’un flacon n’est pas vendu, il reste celui du fournisseur : c’est ce que dit l’accord que vous venez d’accepter. Le bon sens comptable en découle : ce que vous détenez sans l’avoir acheté ne gonfle pas la valeur de votre stock, et n’entre dans vos achats qu’au moment de la vente. Concrètement : si votre inventaire annonce 3 200 000 FCFA de marchandise au prix de vente, dont 420 000 FCFA de flacons en dépôt (120 × 3 500 FCFA), votre stock réel vaut 2 780 000 FCFA. La différence, ce n’est pas un détail : c’est de la valeur d’entreprise qui n’existe pas. Le traitement exact dans vos comptes dépend de votre pays et de votre régime : posez la question à votre comptable la première fois, elle se règle en cinq minutes.

L’inverse est vrai si c’est vous qui confiez. Vos tissus partis chez un revendeur d’Abidjan restent votre stock, même à 1 500 km, même si vous ne les voyez plus. Ils ont leur place dans votre inventaire de fin d’exercice, valorisés comme le reste selon la méthode que vous appliquez d’habitude — voir la valorisation du stock en CMUP ou FIFO. Un stock qu’on ne voit plus reste un stock qu’on doit compter.

Ce que doit contenir l’accord, même écrit à la main

Un accord de dépôt n’a pas besoin d’être un contrat de dix pages. Une feuille remplie devant le fournisseur, datée et signée des deux côtés, désamorce l’immense majorité des disputes — parce qu’elle force les deux parties à dire à voix haute ce que chacune avait supposé. Six points, pas un de moins.

La gestion du dépôt-vente tient dans deux documents

Le premier est l’état de dépôt : ce qui est entré, compté à deux, signé le jour même. Le second est le relevé de ventes : ce qui est sorti, à date fixe. Tout le reste — les règlements, les reprises, les avoirs — s’accroche à ces deux papiers.

L’état de dépôt à signer des deux côtés
  • La date, le nom de la boutique et celui du fournisseur qui dépose la marchandise
  • Un numéro de dépôt, même artisanal (DEP-2026-014), à rappeler sur chaque relevé et chaque paiement
  • Chaque référence avec sa quantité, comptée à deux, à voix haute, avant de signer
  • Le prix de vente public et la commission ou le prix de rétrocession, référence par référence
  • La date de fin du dépôt et la date du premier relevé
  • Qui supporte la casse, le vol et la marchandise abîmée en rayon
  • Ce qu’on fait des invendus à l’échéance : reprise, prolongation écrite, ou achat ferme avec remise
  • Deux signatures, deux exemplaires — et une photo de la feuille signée envoyée par WhatsApp aux deux parties le jour même

Le relevé, lui, tient en quatre colonnes : quantité déposée, quantité vendue, quantité restante, quantité abîmée. La somme des trois dernières doit retomber exactement sur la première. Si elle ne tombe pas, vous ne réglez rien avant d’avoir trouvé l’écart — c’est le même réflexe que face à un écart d’inventaire ou une démarque inconnue. Et le paiement suit le relevé, jamais l’inverse : notez sur le relevé la référence de la transaction Wave ou Orange Money, pour qu’on sache dans six mois ce qu’elle a payé.

Un entrepôt dédié pour ne pas mélanger

La façon la plus simple de tenir cette règle n’est pas comptable, elle est physique : une étagère, un rayon, une réserve identifiés. Et dans votre outil de gestion, un emplacement séparé. Dans Wurus, le stock est suivi par produit et par entrepôt : créez un entrepôt « Dépôt-vente — Fournisseur X » à côté de votre boutique, et les mêmes produits y sont comptés à part, sans jamais se confondre avec les vôtres. Le principe est exactement celui qu’on applique pour un stock réparti sur plusieurs boutiques, sauf qu’ici l’entrepôt ne correspond à aucune distance : il sépare votre marchandise de celle que vous gardez pour un autre.

La reprise des invendus se prépare le premier jour

Personne ne réclame ses invendus à temps. Le fournisseur passe, on discute, on remet à la prochaine tournée, et la marchandise reste. Six mois plus tard elle est poussiéreuse, l’emballage est fatigué, et il devient impossible de dire si elle est invendable parce qu’elle n’a pas plu ou parce qu’elle a mal vieilli dans votre réserve. La reprise ne s’improvise pas à l’échéance : elle se pose dans le calendrier le jour du dépôt.

Le cycle d’un dépôt de 90 jours
  1. Jour 0 Dépôt et état signé Comptage à deux, feuille signée en double, photo envoyée aux deux parties. La marchandise entre dans l’entrepôt dédié, pas dans votre stock.
  2. Jour 30 Premier relevé Vendu, restant, abîmé. Règlement de ce qui est parti, adossé au relevé. On voit déjà quelles références ne bougent pas.
  3. Jour 60 Deuxième relevé et alerte Vous prévenez le fournisseur des références mortes et proposez soit une reprise anticipée, soit une remise pour les écouler.
  4. Jour 90 Reprise ou décision écrite Les invendus repartent, ou vous les rachetez fermes avec remise, ou vous prolongez — mais par écrit, avec une nouvelle date.

Calez ces dates sur votre saison. Une marchandise déposée en vue de la Tabaski doit être reprise ou rachetée dans les semaines qui suivent la fête, pas six mois après, quand elle ne vaut plus rien pour personne.

Trois litiges classiques et comment les couper

  1. La marchandise abîmée en rayon. Le fournisseur reprend 18 flacons, trois ont l’étiquette déchirée. Il refuse de les compter comme invendus. Coupez le débat d’avance : écrivez qui paie la casse, et notez les articles abîmés dans la colonne prévue du relevé, au fur et à mesure, pas le jour de la reprise.
  2. Les invendus réclamés trop tard. Passé la date de fin, la marchandise n’est plus « en dépôt » dans la tête de personne. Une date de fin écrite, plus une relance à J-15, suffisent presque toujours.
  3. Les ventes déclarées de mémoire. « Je crois qu’il en est parti une soixantaine. » C’est le litige le plus fréquent et le plus insoluble : deux mémoires honnêtes qui ne tombent pas d’accord. Le seul remède est de compter ce qui reste, à date fixe, à deux, et d’en déduire les ventes.
Questions fréquentes
Faut-il un vrai contrat, ou une feuille signée suffit-elle ?
Une feuille datée, détaillée et signée des deux côtés vaut infiniment mieux qu’un accord oral, et règle la plupart des malentendus. Pour des montants importants ou un partenariat qui va durer, faites relire l’accord par un professionnel du droit : c’est le seul conseil juridique que nous donnerons ici.
Le fournisseur veut que je paie les 120 flacons à la livraison. Est-ce encore du dépôt-vente ?
Non. Si vous payez à la livraison, vous achetez ferme : la marchandise entre dans votre stock, et l’invendu devient votre problème. C’est un choix légitime, souvent mieux payé en marge — mais appelez-le par son nom et arrêtez de compter sur une reprise.
Un client casse un flacon en rayon. Qui paie ?
Celui que l’accord désigne, et personne d’autre. En pratique, ce qui casse à l’intérieur du magasin est souvent à la charge de celui qui l’a en rayon, mais c’est un usage, pas une règle. Discutez-en au moment du dépôt, écrivez-la, et précisez à quel prix la casse est facturée.
Je n’ai pas de logiciel. Comment je tiens ça dans un cahier ?
Un cahier dédié au dépôt-vente, une page par fournisseur, cinq colonnes : date, référence, déposé, vendu, restant. Une ligne par relevé, une signature à chaque relevé. Ne mettez jamais ces pages dans le cahier de votre stock habituel : c’est justement le mélange qu’on veut éviter.
Je confie mes tissus à un revendeur d’une autre ville. Comment je garde la main ?
Commencez petit : une quantité de test, une durée courte de 30 jours, un relevé unique avec photo de ce qui reste. Si le rythme est tenu, augmentez la quantité et allongez la durée. Un revendeur qui ne rend pas son premier relevé à la date prévue ne s’améliorera pas au troisième.
#Stocks #Organisation #Fournisseurs #Méthode
Équipe WURUS Rédaction
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