Le blog Point de vente

Ouvrir et fermer sa caisse : la procédure du jour

28 septembre 2026 · Point de vente · 12 min de lecture

Sommaire

Samedi, 20 h 10, dans un quartier de Dakar. Le rideau est à moitié baissé, la dernière cliente vient de repartir avec ses deux paquets de riz. Votre vendeur vous tend le tiroir : des billets pliés en trois, des pièces mêlées à deux tickets de dépôt, et un bout de papier où il a écrit « taxi 2 500 ». Vous comptez une fois, vous trouvez 168 500. Vous recomptez, vous trouvez 170 000. Et vous n’avez aucune idée de ce que vous auriez dû trouver — alors vous refermez le tiroir et vous rentrez.

Ce qui manque ce soir-là n’est pas un logiciel, c’est une procédure de fermeture de caisse — et son ouverture, qui la rend possible. Dans dix minutes vous saurez fixer un fond de caisse, compter un tiroir coupure par coupure, rapprocher ce que vous comptez de ce que vous avez encaissé, et remplir une feuille que vous pouvez tracer ce soir sur une A4.

2 comptages par jour : avant la première vente, après la dernière
6 min pour l’ouverture, une fois la routine prise, chrono en main
171 000 FCFA attendus dans le tiroir, dans l’exemple chiffré de cet article
1 000 FCFA d’écart ce soir-là, soit 0,7 % des espèces encaissées

Pourquoi une caisse se compte deux fois par jour

Un tiroir-caisse n’est pas un compte en banque : rien n’y est daté, rien n’y est signé. La seule façon de savoir ce qui s’y passe, c’est de le compter aux deux moments où il est calme. Entre les deux, on ne compte pas : compter devant un client fait perdre la file, et un vendeur pressé se trompe.

Cette discipline vaut quel que soit votre outil, et c’est même le premier critère à regarder si vous hésitez encore à choisir entre une caisse enregistreuse, un logiciel et un simple téléphone : un outil incapable de vous sortir le total encaissé du jour vous condamne à ne jamais rien rapprocher.

L’ouverture : le fond de caisse et la monnaie

Le fond de caisse est l’argent placé dans le tiroir avant la première vente, uniquement pour rendre la monnaie. Son montant importe moins que sa stabilité : le même tous les matins — comptez 25 000 FCFA en petites coupures pour une boutique de quartier, davantage pour une station ou une pharmacie. Un fond qui change chaque jour rend la fermeture incalculable.

Ouverture : avant la première vente
  • 1
    Sortez le fond de caisse du coffre et comptez-le au calme, coupure par coupure, rideau encore baissé.
  • 2
    Notez le total en haut de la feuille du jour, en chiffres et en lettres, puis signez.
  • 3
    Vérifiez la monnaie : les pièces, et une réserve de billets de 500, 1 000 et 2 000 pour le client qui tend 10 000 pour un achat de 1 500.
  • 4
    S’il manque de l’appoint, allez le chercher maintenant : à midi, la boutique d’en face n’en aura plus non plus.
  • 5
    Faites contresigner le vendeur qui prend la caisse : il reconnaît le montant qu’il reçoit.
  • 6
    Rangez tout le reste hors du tiroir. Ce qui n’est pas le fond de caisse n’a rien à y faire.
  • 7
    Préparez le poste : sachets, ruban, stylo, téléphone chargé, et vérifiez que la connexion tient.

La fermeture : la procédure du soir, dans l’ordre

L’ordre compte autant que les gestes. On arrête les ventes avant de compter, jamais l’inverse : un billet qui entre pendant le comptage fausse tout et oblige à recommencer.

Fermeture : trente minutes, toujours dans le même ordre
  1. 20 h 00 Arrêter les ventes Le dernier client est servi et payé. Toute vente qui arrive après part sur la feuille du lendemain.
  2. 20 h 05 Finir les saisies Aucune vente ne reste sur un bout de papier. Les ardoises du jour sont inscrites au nom du client, les paiements partiels aussi.
  3. 20 h 10 Sortir le total encaissé Le total des espèces du jour, et à part celui du mobile money, des chèques et des virements. C’est votre chiffre théorique.
  4. 20 h 15 Compter les espèces Du billet de 10 000 aux pièces. Écrivez le nombre de billets par coupure, pas seulement le total : c’est ce qui permet de retrouver une erreur sans tout recompter.
  5. 20 h 25 Rapprocher et noter Comptées contre encaissées, la soustraction, l’écart avec son signe. Deux signatures au bas de la feuille.
  6. 20 h 30 Mettre en sécurité Le fond du lendemain d’un côté, la recette de l’autre, au coffre ou hors du magasin. Le tiroir se referme vide et déverrouillé : personne n’aura à le forcer la nuit.

Le rapprochement : comptées contre encaissées

C’est le cœur de la fermeture, et il tient en une soustraction.

Fond de caisse du matin + espèces encaissées − sorties de caisse = ce que le tiroir doit contenir.

Reprenons le samedi du début. Fond de caisse : 25 000 FCFA. Espèces encaissées d’après vos ventes : 148 500 FCFA. Une sortie notée sur un papier, la course en taxi du livreur : 2 500 FCFA. Le tiroir doit donc contenir 25 000 + 148 500 − 2 500 = 171 000 FCFA. Vous en avez compté 170 000. Il manque 1 000 FCFA, soit 0,7 % des espèces encaissées.

Le seul chiffre que vous ne pouvez pas inventer est celui du milieu. Sur un cahier, c’est l’addition de la colonne « espèces », et elle ne vaut que si personne n’a sauté de ligne. Dans Wurus, le rapport « Caisse & Banque » donne les encaissements d’une période, séparés espèces / banque et ventilés par mode de paiement : c’est le chiffre théorique contre lequel vous comparez votre comptage. Le reste de ce que couvre l’application ne change rien à la procédure — c’est vous qui comptez.

Deux pièges reviennent tous les soirs. Une vente à crédit n’apporte aucun billet dans le tiroir : elle ne figure jamais dans les espèces encaissées, seulement au compte du client — c’est tout l’objet de tenir une ardoise sans se ruiner. Et un écart ne se comble pas : remettre 1 000 FCFA de sa poche pour que la feuille tombe juste efface l’information au moment précis où elle devient utile. Les causes et leur traitement sont dans les six causes d’un écart de caisse.

170 000 FCFA comptés dans le tiroir contre 171 000 attendus (25 000 + 148 500 − 2 500) : écart de 1 000 FCFA. Wave, Orange Money et les chèques restent hors du comptage des billets.
Schéma WURUS.

Wave et Orange Money ne se comptent pas avec les billets

Un paiement mobile n’entre jamais dans votre tiroir. Il arrive sur un compte marchand, il a son propre historique, il se contrôle sur le téléphone et pas sur la table. Le mélanger au comptage des espèces fabrique un écart tous les soirs — un écart qui n’existe pas, et qui vous fera soupçonner un vendeur honnête.

Le montant reçu en Wave ou en Orange Money se note à la main, d’après l’historique de votre téléphone marchand. C’est vrai sur votre feuille, et ça l’est aussi dans Wurus, où « Wave » et « Orange Money » sont des modes de paiement saisis par le caissier, sans confirmation automatique de la transaction. Qui tient le téléphone et comment on vérifie l’encaissement, c’est le sujet d’encaisser en mobile money sans ralentir la file.

Le rapport « Caisse et banque » : les encaissements de la période, ligne par ligne, avec leur mode de paiement et le total. C’est le chiffre à comparer à votre comptage.
Capture d’écran WURUS.

Votre feuille de caisse : les colonnes à tracer

Une feuille par jour et par point de vente. Une A4 tracée à la règle suffit, et se photocopie en cinquante exemplaires pour le trimestre.

Le haut — l’ouverture
Date et jour de la semaine.
Nom du point de vente.
Fond de caisse, en chiffres et en lettres.
Nom et signature de qui prend la caisse.

Le corps — un mouvement par ligne
Cinq colonnes : Heure · Motif · Entrée · Sortie · Visa.
C’est là que passent la course en taxi, l’achat de sachets, l’appoint de monnaie apporté du coffre. Pas les ventes : elles ont leur cahier ou leur écran.
Le bas — la fermeture
Espèces comptées, détaillées coupure par coupure : 10 000, 5 000, 2 000, 1 000, 500, puis les pièces.
Espèces encaissées d’après vos ventes.
Total des sorties de la journée.
Total théorique.
Écart, avec son signe.
Montant remis au coffre ou en banque.

Les blocs à part
Mobile money du jour. Chèques et virements. Ardoises ouvertes.
Deux signatures : celui qui compte, celui qui contrôle.
Fac-similé de la feuille de caisse : en haut le fond de caisse de 25 000 FCFA, au centre les colonnes Heure, Motif, Entrée, Sortie, Visa, en bas le comptage par coupure et l’écart.
Schéma WURUS.

Classez ces feuilles dans une chemise par mois, dans l’ordre des dates, sans en retirer aucune — surtout pas les jours où l’écart était laid. Une série complète vaut beaucoup plus qu’une série propre. Et si deux vendeurs se relaient sur le même tiroir, comptez à chaque passage de main : c’est le seul moyen de savoir chez qui l’écart est né, et cela va de pair avec la façon de répartir les droits entre plusieurs caissiers.

Questions fréquentes
Quel montant mettre dans le fond de caisse ?
Il n’y a pas de règle, il y a un ordre de grandeur : de quoi rendre la monnaie sur les deux premières heures sans aller chercher d’appoint. Pour une boutique de quartier, comptez entre 20 000 et 30 000 FCFA, surtout en pièces et en billets de 500, 1 000 et 2 000. Le montant exact importe moins que le fait qu’il soit identique tous les matins.
Qui doit compter la caisse, le vendeur ou le gérant ?
Les deux ensemble, et chacun signe. Le vendeur parce qu’il remet le tiroir, le gérant parce qu’il le reçoit. Un comptage fait seul par le gérant met le vendeur en cause sans qu’il puisse se défendre ; un comptage fait seul par le vendeur ne contrôle rien.
Faut-il compter même quand la journée a été petite ?
Surtout ces jours-là. Un manque de 1 000 FCFA sur 170 000 se voit à peine ; le même manque sur une journée à 20 000 saute aux yeux et se retrouve en dix minutes. Les petites journées sont celles où l’on identifie les causes.
Que fait-on quand le tiroir dépasse le montant attendu ?
On le note comme un écart positif, et on ne l’efface pas. Un excédent est une erreur au même titre qu’un manque : c’est souvent une vente non saisie, ou de la monnaie mal rendue à un client qui reviendra peut-être la réclamer.
Combien de temps garde-t-on les feuilles de caisse ?
On ne les jette pas, et on ne les trie pas. Les durées de conservation dépendent de votre pays, de votre régime et de la nature de la pièce : c’est une question pour votre comptable ou pour votre centre des impôts, jamais pour un chiffre lu en ligne. Tant que vous n’avez pas leur réponse, gardez tout — la feuille qui manquera est toujours celle qu’on vous demandera.
#Point de vente #Caisse #Procédures #Organisation
Équipe WURUS Rédaction
À lire ensuite