Samedi, 6 h 40, le marché hebdomadaire de Thiès. Vous déchargez la camionnette, vous posez la bâche, et le premier client est déjà là avec un billet de 10 000 FCFA pour un achat de 1 500. Votre cahier est resté à la boutique. Votre téléphone, lui, est dans votre poche : c’est lui qui va tenir la caisse aujourd’hui. Une caisse sur téléphone, ça existe — reste à savoir ce qu’elle fait dans une main, et ce qu’elle ne fera pas quand la barre de réseau tombera à zéro.
Vous trouverez ici de quoi monter une caisse mobile pour une journée de marché ou une tournée de livraison : ce que l’écran fait sur un petit format, comment scanner sans douchette, comment cadrer un vendeur qui part avec la marchandise, et quoi faire quand le réseau lâche. Cette dernière partie est un carnet de papier — elle marche avec ou sans logiciel.
Trois terrains qui n’ont rien à voir
« Vendre en mobilité » ne veut rien dire tant qu’on n’a pas dit où. Un étal sous les halles de Dakar, une tournée de livraison entre Ouakam et Yoff, une tournée de brousse à deux heures de piste : ce ne sont pas les mêmes contraintes. Le premier terrain a du réseau, le deuxième par intermittence, le troisième pas du tout — et aucun logiciel en ligne n’y changera rien. Tranchez le terrain avant l’outil, comme dans notre guide pour choisir entre une caisse logicielle et une machine.
| Au quotidien | Marché couvert en ville | Tournée de livraison en ville | Tournée hors couverture |
|---|---|---|---|
| Réseau mobile pendant la vente | ✓ | ± | ✗ |
| Encaisser dans le logiciel au moment de la vente | ✓ | ± | ✗ |
| Ce qu’il faut emporter | Batterie externe et forfait data vérifié | Un second téléphone en partage de connexion | Un carnet, un stylo, et du temps le soir |
Ce que la caisse sur téléphone fait vraiment dans une main
Beaucoup d’écrans de caisse sont des écrans d’ordinateur rétrécis : on passe la journée à zoomer. Dans Wurus, sous 768 px de largeur — soit tous les téléphones tenus verticalement — la caisse change de mise en page : recherche en haut, scanner à portée du pouce, panier réduit à un badge chiffré, bascule entre catalogue et panier.
- Le scan par la caméra, toutes symbologies : vous visez le code-barres, l’article entre au panier. Zéro franc de matériel — si le sujet est neuf, lisez code-barres ou QR code pour votre magasin.
- La recherche par nom, code article ou SKU, quand l’étiquette est abîmée ou que le sachet n’a pas de code.
- Le retour vibrant à l’ajout, et un son réglable : dans le bruit d’un marché, c’est la seule confirmation que vous percevez.
- L’alerte au double-scan : même article passé deux fois devant la caméra, vibration et message. Le geste le plus fréquent quand on vend debout.
- L’application s’installe depuis le navigateur, avec une icône sur l’écran d’accueil et un raccourci qui ouvre directement la caisse. Il n’existe pas d’application mobile native.
Méfiez-vous de cette icône, parce que tout le monde s’y trompe : ce n’est pas un mode hors ligne. Elle remplace la page d’erreur grise du navigateur par un écran propre pendant une coupure. C’est du confort d’affichage, rien d’autre.
Encaisser debout : monnaie, mobile money, ticket
Revenons au billet de 10 000 FCFA pour un achat de 1 500 : vous devez rendre 8 500, et vous n’avez pas de tiroir, vous avez une sacoche. Quatre choses vous servent vraiment.
- Plusieurs paiements sur une même vente : sur un panier de 9 500 FCFA, 6 000 en espèces et 3 500 en mobile money, deux lignes, chacune avec son mode, son montant et sa note.
- Le rendu de monnaie s’affiche en direct, et le monnayeur en donne la décomposition en coupures : vos 8 500 font 5 000, 2 000, 1 000 et 500. Cet outil de comptoir est détaillé dans encaisser plus vite sans bousculer le client.
- « Wave » et « Orange Money » sont des libellés saisis à la main. Vous encaissez sur votre téléphone marchand, vous vérifiez la confirmation, puis vous notez le montant : ni validation automatique, ni rapprochement. D’où l’importance de l’organisation du comptoir en mobile money.
- Le client est obligatoire pour encaisser : créez-le à la volée, ou prenez le client de passage. Le ticket part ensuite par WhatsApp, SMS ou e-mail.
Charger le véhicule et cadrer le vendeur
Le jour où ce n’est plus vous qui partez mais un vendeur, la question n’est plus l’écran, c’est le périmètre. Déclarez le véhicule ou l’étal comme un point de vente à part entière : le cloisonnement travaille alors pour vous.
- Chaque utilisateur est rattaché à un point de vente et ne voit que le catalogue et le stock de celui-là ; un non-administrateur ne bascule que vers ce qu’on lui a ouvert.
- Seuls les produits en stock apparaissent au catalogue : ce qui n’est pas dans le véhicule n’est pas proposé au client.
- Chaque vente porte le nom de qui l’a faite, sur le ticket comme dans les rapports, et la synthèse des ventes se filtre par vendeur.
- En revanche, les encaissements ne se ventilent pas par caissier, et une seule permission gouverne toute la caisse : qui y accède peut remiser jusqu’à 100 %. À lire avant de confier un téléphone : gérer plusieurs caissiers et leurs droits.
Le réseau : ce qui se prépare avant de partir
Disons-le franchement, puisque vous êtes précisément le lecteur que ça concerne : Wurus n’encaisse pas hors connexion. Sans réseau, le catalogue ne charge pas, la vente ne s’enregistre pas, et vous tombez sur un écran « Connexion perdue ». Aucune file d’attente de ventes, aucune synchronisation différée au retour du signal, aucune base sur le téléphone ; le panier n’est même pas conservé si la page est rechargée. Si vos tournées sortent régulièrement de la couverture, c’est un critère de choix à peser, et pas une note de bas de page — voir logiciel installé ou cloud face aux coupures.
Pour un marché urbain ou une tournée en ville, la parade n’est pas dans le logiciel, elle est dans votre poche : un second téléphone en partage de connexion, si possible sur un autre opérateur. Quand la ligne principale sature à 11 h, vous basculez.
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Vérifier le forfait data de la ligne qui servira à la caisse — pas seulement la batterie.
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Charger une batterie externe : écran allumé et caméra sollicitée vident un téléphone avant midi.
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Tester le partage de connexion du second téléphone la veille, pas sur le parking du marché.
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Poser sur l’écran d’accueil le raccourci qui ouvre directement la caisse.
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Glisser dans la sacoche un carnet aux cinq colonnes déjà tracées, deux stylos, et une feuille avec vos prix.
Le carnet de repli : quoi noter quand le réseau tombe
Il est 11 h 20, la file s’allonge, l’écran tourne dans le vide. On ne négocie pas avec le réseau : on sort le carnet et on continue à vendre. La règle qui sauve la soirée tient en une phrase — toujours les mêmes cinq informations, toujours dans le même ordre.
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1
L’article, écrit comme vous le retrouverez : le nom exact, ou mieux, le code article de votre étiquette.
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2
La quantité. C’est la colonne qu’on saute quand on est pressé, et celle qui fausse le stock.
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3
Le prix réellement pratiqué, remise comprise — pas le prix du catalogue.
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4
Le mode de paiement : espèces, Wave, Orange Money — ou rien, si le client repart sans avoir payé.
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5
Le client : son nom et son numéro. Sans lui, une vente à crédit n’est qu’un trou dans le carnet.
Cinq colonnes suffisent. Ajoutez vos initiales en sixième si vous êtes deux à écrire sur le même carnet : deux secondes de plus, et une discussion évitée le soir.
La ressaisie du retour : une heure pour quarante ventes
Posons le calcul, c’est lui qui dira si la méthode tient. Une vente simple se ressaisit en une minute trente une fois le pli pris : l’article, la quantité, le client, le mode de paiement. Quarante ventes notées à la main, à 90 s l’unité, font 3 600 secondes — soit une heure. C’est le coût réel d’une journée sans réseau, et mieux vaut le connaître avant de partir qu’à 21 h.
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18 h 30 Vider la sacoche Carnet, monnaie et téléphone sur la même table. Comptez les espèces avant de toucher au logiciel : c’est le seul contrôle qui vaut quelque chose.
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18 h 45 Trier les lignes Séparez les ventes réglées en totalité de celles qui restent dues. Les premières se ressaisissent d’un trait, les secondes demandent de retrouver ou de créer le client.
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19 h 00 Ressaisir dans l’ordre du carnet Ligne après ligne, sans sauter. Une vente peut être clôturée avec un paiement partiel, ou sans aucun paiement : le reste dû est porté au compte du client.
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20 h 00 Recouper, puis archiver Votre comptage d’espèces doit tomber sur le total des lignes réglées en espèces. Un écart se cherche ce soir, pas lundi. Datez la page et gardez le carnet : il porte l’heure réelle de chaque vente.
Une tournée génère toujours des ventes à crédit. Le reste dû est bien porté au compte du client, mais il n’existe ni plafond d’encours, ni relance automatique : le cadrage reste de votre côté. Le détail des fonctions précise ce que couvre le suivi des clients.