Le blog Comparatifs

Wurus vs Dolibarr : open source ou SaaS, ce que la licence gratuite ne couvre pas

27 août 2026 · Comparatifs · 14 min de lecture

Sommaire

Imaginez un dépôt de boissons de la Patte d’Oie, à Dakar, passé sous Dolibarr il y a trois mois. C’est le neveu ingénieur qui l’a installé, un samedi, sur un petit serveur posé dans le bureau. Tout marche. Puis le disque lâche, un mardi de fin de mois. Le neveu est à Abidjan, et personne ne sait où sont les sauvegardes. Le logiciel n’a rien coûté ; la semaine à ressaisir les factures, si. La scène ne dit rien de la qualité du logiciel. Elle dit qui s’en occupe, et c’est la vraie question, avant celle du prix.

Cet article ne cherche pas à démonter Dolibarr : c’est un projet libre, sérieux, francophone d’origine, et il gagne plusieurs lignes du tableau plus bas. Il cherche à mettre un prix sur ce que la licence ne couvre pas — l’installation, l’hébergement, les montées de version, les sauvegardes, la restauration — et à dire à quel moment un abonnement revient moins cher qu’une gratuité mal tenue. Vous devriez pouvoir trancher à la fin, sans nous appeler.

0FCFA la licence de Dolibarr, quel que soit le nombre d’utilisateurs
4éléments à sauvegarder avant chaque montée de version, dit la doc
6mois entre deux versions majeures, selon le projet Dolibarr
645 000FCFA trois ans de Pack Business Wurus au tarif annuel

Ce que Dolibarr gagne d’entrée, et que personne ne peut lui retirer

Commençons par ce qui est vérifiable. Le site officiel du projet l’écrit noir sur blanc : « Dolibarr ERP & CRM is Open Source software. You can download, use and redistribute it at any time », et plus loin « Completely free to download, install and use », « No license to pay » (page consultée le 27 août 2026). Le dépôt public précise la licence : « GNU General Public License […] either Version 3 of the License, or (at your option) any later version (GPL-3+) ». Ce n’est pas une version d’essai bridée. C’est du logiciel libre.

Un logiciel que personne ne peut vous retirer et un logiciel qui ne coûte rien sont deux choses différentes. Dolibarr est très clairement le premier.

Le coût n’est pas dans la licence, il est dans le serveur

Le dépôt officiel donne les prérequis sans détour : « PHP […] MariaDB, MySQL or PostgreSQL », et « Set up your web server to use dolibarr/htdocs as root if your web server does not already define a directory to point to ». Traduction pour un commerçant : il faut une machine allumée, un serveur web, une base de données, un nom de domaine si vous voulez y accéder de l’extérieur, et quelqu’un qui sache tout cela. Le logiciel est gratuit ; l’endroit où il tourne, jamais.

Les six postes que la licence gratuite ne couvre pas
  • Qui installe — serveur web, base de données, droits sur les répertoires, premier paramétrage.
  • Qui héberge — un serveur au bureau, avec l’onduleur et la coupure de courant qui va avec, ou un hébergeur à payer tous les mois.
  • Qui met à jour — le logiciel, mais aussi la version de PHP et la base de données sous lui.
  • Qui sauvegarde — tous les jours, ailleurs que sur la machine sauvegardée.
  • Qui restaure — et l’a déjà fait au moins une fois, à froid, avant d’en avoir besoin.
  • Qui répond le samedi à 18 h, quand la caisse ne s’ouvre plus et que la boutique est pleine.

Aucun de ces six postes n’a de tarif public : cela dépend de votre prestataire et de votre ville. Faites-les chiffrer, ligne par ligne, avant de conclure quoi que ce soit — c’est exactement l’exercice que propose la checklist des 20 questions à poser avant de choisir. Un logiciel, gratuit ou payant, posé sur un serveur que personne n’administre n’est pas une économie : c’est un risque reporté, et il se paie d’un coup. Nous détaillons ce mécanisme dans ce que le gratuit coûte vraiment.

Mettre à jour, sauvegarder, restaurer : ce que dit la documentation officielle

C’est le passage le plus utile de la documentation Dolibarr, et il est d’une honnêteté rare. La page des sauvegardes énumère quatre éléments distincts à protéger — la base de données, le répertoire des documents, le fichier de configuration, et jusqu’aux développements spécifiques, « any custom development of modules […] should also be saved » — puis conclut : « They all must be saved before each version upgrade to be sure to be able to get back its data if a problem occurs ». La page de mise à jour, elle, commence par « First make a backup of your current installation » et prévient : « It’s better to delete old program files before installing the new ones: old files can remain, causing bug and malfunctions ».

Une montée de version, telle que la documentation la décrit
  1. 1 Sauvegarder les quatre éléments La base, le répertoire des documents, le fichier de configuration et vos développements spécifiques. Les quatre, pas trois.
  2. 2 Vérifier les modules externes La doc est explicite : assurez-vous que vos modules externes sont compatibles avec la nouvelle version avant de mettre à jour.
  3. 3 Retirer les anciens fichiers Des fichiers de l’ancienne version laissés en place provoquent bugs et dysfonctionnements, prévient la documentation.
  4. 4 Installer et lancer la migration Le logiciel redirige vers sa page d’installation pour dérouler la mise à niveau de la base.
  5. 5 Savoir revenir en arrière C’est la raison d’être de l’étape 1. Une restauration qui n’a jamais été testée n’est pas une sauvegarde.

Ce n’est pas compliqué. C’est simplement du travail, à date fixe. Le projet publie « 1 major version every 6 month » et assume ne pas avoir de version à support long terme officielle : « There is no official "LTS" version on Dolibarr ERP CRM ». Il ajoute un point qui devrait décider seul : « Security fixes are more often submited for recent branches/versions only, so they are not available on too old versions ». Rester sur une vieille version parce que la mise à jour fait peur, c’est donc s’éloigner des correctifs de sécurité.

Modules officiels ou place de marché : le jour où un module n’est plus maintenu

Dolibarr s’étend par modules, et le projet opère sa propre place de marché : « This web site is the official market place to find addons and plugins for the Dolibarr ERP CRM project ». On y lit deux phrases qui changent la façon de choisir : « Some extensions/modules are free, some are paid », et, à l’adresse des développeurs, « You can submit your own modules, you choose the price ». Les fiches affichent une plage de compatibilité, du type « V14 - V24 ».

Autrement dit, un module n’est pas une fonction du logiciel : c’est le travail d’une équipe tierce, avec son propre calendrier. Tant qu’elle suit le rythme d’une version majeure tous les six mois, tout va bien. Le jour où elle s’arrête, la documentation officielle a déjà écrit la suite — « be sure your external modules are compatible with the new version before updating! ». Vous avez alors trois options, aucune gratuite : rester bloqué sur votre version, payer quelqu’un pour reprendre le module, ou vous en passer et changer votre façon de travailler.

  1. Avant d’installer un module, notez la plage de versions qu’il annonce et la date de sa dernière mise à jour.
  2. Demandez-vous ce que vous faites si ce module disparaît : est-ce un confort, ou est-ce que la boutique s’arrête ?
  3. Comptez le prix des modules payants dans le budget de la première année, puis dans celui des suivantes.
  4. Refusez qu’un module tiers détienne, seul, une donnée dont vous avez besoin ailleurs.

C’est le compromis classique des ERP libres, et il vaut pour toute cette famille d’outils, comme le montre aussi notre comparatif face à ERPNext : la modularité achète de la liberté et vend de la responsabilité. Vous gagnez le droit de tout faire ; vous héritez du devoir de tout tenir.

Faire héberger son Dolibarr : le coût redevient un abonnement

C’est la sortie de route la plus fréquente, et elle est légitime : ne pas administrer soi-même. Le wiki officiel le prévoit — « a software package designed to work as a standalone program (on premise) or as an application hosted into the Cloud » — et publie une liste de prestataires sous l’intitulé « For "Ready to use" SaaS commercial solutions ». Attention à ce que cela veut dire : ce sont des sociétés tierces, et le projet Dolibarr, lui, ne vend pas d’hébergement. Chacune fixe son tarif sur son propre site, et c’est là qu’il faut aller le lire : un montant recopié sur une page d’annuaire peut avoir plusieurs années. Nous n’en citons donc aucun ici.

Ce que cela change pour votre budget se formule sans chiffrer à votre place : la gratuité de la licence n’a pas disparu, elle est simplement passée du côté du prestataire, qui vous facture ce que vous ne voulez pas faire. Demandez-lui un prix mensuel ferme, dans la devise où il facture, et posez-le sur trois ans. En face, le Pack Business de Wurus est publié à 19 500 FCFA par mois ou 215 000 FCFA par an, soit 645 000 FCFA sur trois ans au tarif annuel. C’est ce total-là, et non le prix de la licence, qui se compare à un devis d’hébergement. Le même total sur trois ans se compare de la même façon dans notre comparatif Wurus face à Axonaut.

Encore faut-il que les deux colonnes couvrent le même besoin. Avant de trancher sur le seul montant, faites préciser à l’hébergeur ce qui est inclus — la fréquence des sauvegardes, qui déclenche les montées de version, ce qui se passe si un module tiers bloque la mise à jour, et dans quelle langue et à quel fuseau horaire on vous répond. Ensuite seulement, mettez-le en regard de la grille tarifaire de Wurus, qui inclut ces postes dans l’abonnement mais impose un plafond de produits par palier.

Dolibarr, avis pour une PME : le tableau qui tranche

Onze critères, ceux qui décident vraiment. Les cases « non établi » sont volontaires : nous n’affirmons pas l’absence d’une fonction chez un concurrent tant qu’une source officielle ne la documente pas.

Dolibarr et Wurus, critère par critère
Au quotidien Dolibarr Wurus
Licence du logiciel
Qui détient le code et la base
Installation et administration
Sauvegarde avant une mise à jour
Modules complémentaires
Un module tiers qui n’est plus suivi
Comptabilité SYSCOHADA Non établi sur les sources officielles
Caisse et paiements mobile money Non établi sur les sources officielles
Facture envoyée par WhatsApp Non établi sur les sources officielles
Travailler pendant une coupure d’Internet ±
Prix d’entrée d’une formule hébergée Tarif propre à chaque prestataire tiers ±

Lisez ce tableau à l’envers du réflexe habituel. Si vous avez, en interne ou à portée de téléphone, quelqu’un qui administre un serveur et le fait sérieusement, les trois lignes que Dolibarr gagne pèsent très lourd, et la ligne du réseau local peut être décisive dans une zone où la connexion tombe — un arbitrage que nous détaillons dans installé ou cloud, face aux coupures. Si vous n’avez personne, les lignes trois, quatre et six deviennent des factures imprévues, et c’est là que l’abonnement redevient rationnel.

Questions fréquentes
Dolibarr est-il vraiment gratuit ?
Oui, la licence l’est : le site officiel écrit « Completely free to download, install and use » et « No license to pay », sous licence GPL-3+. Ce qui n’est pas gratuit, c’est la machine sur laquelle le logiciel tourne, l’installation, les montées de version et les sauvegardes. Faites chiffrer ces postes avant de comparer.
Je n’ai personne pour administrer un serveur. Que faire ?
Deux voies. Soit vous prenez un prestataire d’hébergement — le wiki officiel de Dolibarr en liste plusieurs, mais ce sont des sociétés tierces, chacune avec ses propres tarifs, à lire sur son propre site ; faites-leur préciser sauvegardes, mises à jour et support. Soit vous prenez un service en ligne où ces postes sont dans l’abonnement. Dans les deux cas, vous payez le même travail.
Comment garder la main sur mes données ?
Avec Dolibarr installé chez vous, la base et le répertoire des documents sont sur votre serveur : c’est le principal argument du libre. Avec n’importe quel service en ligne, y compris le nôtre, posez la question avant de signer : sous quelle forme récupérez-vous vos données, en combien de temps, et à quel prix ? Une réponse floue est une réponse.
Et si un module que j’utilise n’est plus mis à jour ?
C’est le risque réel de la place de marché. La documentation officielle demande de vérifier la compatibilité des modules externes avant chaque montée de version. Si le module est abandonné, vous restez bloqué sur une version ancienne, vous payez quelqu’un pour le reprendre, ou vous vous en passez. Vérifiez la date de dernière mise à jour avant d’installer.
Ça marche sans connexion Internet ?
Dolibarr installé sur un serveur local reste accessible depuis un réseau interne : le dépôt officiel indique qu’il s’utilise en application autonome ou en application web accessible depuis Internet ou depuis un réseau local. Wurus, lui, est un service en ligne et n’a pas de mode hors ligne : sans connexion, vous n’encaissez pas.
Je peux essayer Wurus sans payer ?
Oui. Le Pack Starter est gratuit sans limite de durée, et il existe un essai de 15 jours sans carte bancaire. Les deux sont plafonnés à 50 produits au catalogue : c’est assez pour se faire un avis, pas pour tenir un catalogue de plusieurs centaines de références.
#Comparatif #Logiciel de gestion #Open source #Décision d’achat
Équipe WURUS Rédaction
À lire ensuite