Le pick-up est reparti depuis trois semaines. Ce matin, le client de Pikine appelle : il n’a jamais reçu les quarante cartons de la deuxième palette. Vous ouvrez le carnet à souches : la page est là, remplie au stylo sur le capot, et à la place du nom, un gribouillis. Le magasinier était absent, c’est « quelqu’un » qui a pris livraison. Quarante cartons à 6 000 FCFA : 240 000 FCFA à discuter sans une seule preuve.
Un bon de livraison ne coûte rien à établir et ne se remarque que le jour où il manque. Voici ce qu’il prouve vraiment, ce que porte un bon modèle de bon de livraison, et le geste de trente secondes qui décide de tout : la réserve écrite.
Ce qu’un bon de livraison prouve, et ce qu’il ne prouve pas
Un bon de livraison est un constat : telle marchandise, telle quantité, remise tel jour, à telle personne. Il ne prouve pas que vous avez été payé, ne remplace pas la facture et ses mentions obligatoires, et ne gagne aucun litige à lui seul : c’est une pièce parmi d’autres.
Le droit OHADA vous laisse la main : à l’égard des commerçants, les actes de commerce se prouvent par tous moyens, même par voie électronique (acte uniforme sur le droit commercial général, art. 5). Le même texte demande au vendeur de remettre, s’il y a lieu, les documents nécessaires à la preuve de l’achat et à la prise de livraison (art. 250) — sans nommer le bon ni en fixer la forme.
Modèle de bon de livraison : les lignes qui comptent
Aucune liste de mentions n’est imposée au bon de livraison, contrairement à la facture. Ce qui suit relève de l’usage — mais c’est cet usage qui tient debout le jour où un client se trompe de bonne foi, et celui où un autre essaie de mauvaise foi.
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Vos coordonnées : raison sociale, adresse du dépôt, téléphone.
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Celles du client, et l’adresse de livraison si elle diffère.
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Un numéro de bon et la date — l’heure si vous passez plusieurs fois.
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La référence de la commande ou du devis d’origine.
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Désignation, référence, quantité réellement remise — jamais la quantité commandée.
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Une colonne « reste à livrer » si la commande part en plusieurs fois.
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Le nom du chauffeur et l’immatriculation du véhicule.
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Nom en toutes lettres, fonction et signature de celui qui réceptionne.
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Un cadre « Réserves » vide, assez grand pour trois lignes.
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Deux exemplaires : un pour le client, un qui revient au dépôt.
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Les prix : facultatifs, beaucoup font circuler un bon sans valeur.
Sur un carnet, ces lignes se pré-impriment une fois pour toutes. Dans Wurus, le bon de livraison sort en PDF avec la même trame que vos factures, à partir des gabarits de document de la société (le détail des fonctionnalités).
Les réserves à l’arrivée : trente secondes qui décident de tout
Pour une vente entre commerçants, la conformité s’apprécie au jour de la prise de livraison, même si le défaut n’apparaît qu’ultérieurement (art. 256). Et un défaut apparent ce jour-là doit être dénoncé au vendeur dans le mois qui suit la livraison, sous peine pour l’acheteur d’être déchu du droit de s’en prévaloir (art. 258). Attention au périmètre : ces règles ne visent que les ventes de marchandises entre commerçants ; les marchandises achetées pour un usage personnel, familial ou domestique en sont expressément exclues (art. 234 et 235).
Ce mois est court, et il ne sert presque à rien quand le bon a été signé sans un mot : il faudrait prouver que les vingt sacs manquaient déjà au déchargement, contre un papier où votre magasinier a écrit le contraire. Une signature sans réserve ferme presque toujours la discussion — non parce qu’un texte l’interdit, mais parce que la preuve devient impossible.
| Au quotidien | Bon signé sans un mot | Bon signé avec réserves |
|---|---|---|
| Ce que dit le papier | ✗ | ✓ |
| Qui doit prouver quoi | ✗ | ✓ |
| Trois semaines plus tard | ✗ | ✓ |
Livraison partielle et refus : les deux cas qui font mal
Un dépôt de boissons d’Abidjan livre 30 casiers sur les 50 commandés. Le bon porte 30, plus une ligne « reste à livrer : 20 » : le client signe ce qu’il a reçu. Le second passage donne un second bon, rattaché à la même commande — c’est ce qui évite de facturer deux fois les mêmes casiers.
Le refus se documente sur place, ou jamais :
- Le motif en clair : non conforme, hors délai, emballage éventré, erreur de référence.
- La quantité refusée, article par article : un refus est rarement total.
- La signature de celui qui refuse et celle du chauffeur.
- Deux photos avant le rechargement, envoyées le jour même sur WhatsApp.
- Le retour repris en stock dès que le véhicule rentre : des cartons qui dorment dans un pick-up, c’est un écart d’inventaire annoncé.
Du bon signé à la facture, puis au classeur
Le bon est la pièce qui autorise la facture, et la règle tient en une ligne : on facture les quantités du bon signé, pas celles de la commande. Rappeler son numéro sur la facture coûte une seconde et fait gagner une demi-journée en cas de contestation. C’est la logique du circuit devis, bon de commande, bon de livraison et facture.
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Le jour J La livraison Le bon constate ce qui est remis, et à qui. Les réserves s’écrivent ici.
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Ensuite La facture Elle reprend les quantités du bon signé et rappelle son numéro.
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Après Le classement Le double rejoint la facture : on ne cherche jamais l’un sans l’autre.
Reste ce double, que personne ne classe. Les livres comptables et les pièces justificatives se conservent dix ans (acte uniforme relatif au droit comptable et à l’information financière, art. 24), et un bon qui justifie une vente en fait partie : nos repères sur l’archivage valent aussi pour lui. Rangez-le ailleurs que sous le comptoir : le carbone, lui, s’efface.
Retrouver le bon n° 214 un mardi de contrôle : c’est la limite du papier. Wurus établit devis, commandes, factures et bons de livraison au même endroit, avec des modèles personnalisables et un QR code que le client scanne pour vérifier que le document vient bien de vous — comme pour vérifier l’authenticité d’une facture.