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Bon de livraison : à quoi il sert et ce qu’il doit contenir

8 septembre 2026 · Gestion · 8 min de lecture

Sommaire

Le pick-up est reparti depuis trois semaines. Ce matin, le client de Pikine appelle : il n’a jamais reçu les quarante cartons de la deuxième palette. Vous ouvrez le carnet à souches : la page est là, remplie au stylo sur le capot, et à la place du nom, un gribouillis. Le magasinier était absent, c’est « quelqu’un » qui a pris livraison. Quarante cartons à 6 000 FCFA : 240 000 FCFA à discuter sans une seule preuve.

Un bon de livraison ne coûte rien à établir et ne se remarque que le jour où il manque. Voici ce qu’il prouve vraiment, ce que porte un bon modèle de bon de livraison, et le geste de trente secondes qui décide de tout : la réserve écrite.

240 000 FCFA la marchandise contestée dans notre exemple
1 mois pour dénoncer un défaut apparent, entre commerçants (OHADA)
10 ans de conservation des pièces justificatives (OHADA)

Ce qu’un bon de livraison prouve, et ce qu’il ne prouve pas

Un bon de livraison est un constat : telle marchandise, telle quantité, remise tel jour, à telle personne. Il ne prouve pas que vous avez été payé, ne remplace pas la facture et ses mentions obligatoires, et ne gagne aucun litige à lui seul : c’est une pièce parmi d’autres.

Le droit OHADA vous laisse la main : à l’égard des commerçants, les actes de commerce se prouvent par tous moyens, même par voie électronique (acte uniforme sur le droit commercial général, art. 5). Le même texte demande au vendeur de remettre, s’il y a lieu, les documents nécessaires à la preuve de l’achat et à la prise de livraison (art. 250) — sans nommer le bon ni en fixer la forme.

Modèle de bon de livraison : les lignes qui comptent

Aucune liste de mentions n’est imposée au bon de livraison, contrairement à la facture. Ce qui suit relève de l’usage — mais c’est cet usage qui tient debout le jour où un client se trompe de bonne foi, et celui où un autre essaie de mauvaise foi.

Les lignes que l’usage fait porter à un bon de livraison
  • Vos coordonnées : raison sociale, adresse du dépôt, téléphone.
  • Celles du client, et l’adresse de livraison si elle diffère.
  • Un numéro de bon et la date — l’heure si vous passez plusieurs fois.
  • La référence de la commande ou du devis d’origine.
  • Désignation, référence, quantité réellement remise — jamais la quantité commandée.
  • Une colonne « reste à livrer » si la commande part en plusieurs fois.
  • Le nom du chauffeur et l’immatriculation du véhicule.
  • Nom en toutes lettres, fonction et signature de celui qui réceptionne.
  • Un cadre « Réserves » vide, assez grand pour trois lignes.
  • Deux exemplaires : un pour le client, un qui revient au dépôt.
  • Les prix : facultatifs, beaucoup font circuler un bon sans valeur.

Sur un carnet, ces lignes se pré-impriment une fois pour toutes. Dans Wurus, le bon de livraison sort en PDF avec la même trame que vos factures, à partir des gabarits de document de la société (le détail des fonctionnalités).

Les réserves à l’arrivée : trente secondes qui décident de tout

Pour une vente entre commerçants, la conformité s’apprécie au jour de la prise de livraison, même si le défaut n’apparaît qu’ultérieurement (art. 256). Et un défaut apparent ce jour-là doit être dénoncé au vendeur dans le mois qui suit la livraison, sous peine pour l’acheteur d’être déchu du droit de s’en prévaloir (art. 258). Attention au périmètre : ces règles ne visent que les ventes de marchandises entre commerçants ; les marchandises achetées pour un usage personnel, familial ou domestique en sont expressément exclues (art. 234 et 235).

Ce mois est court, et il ne sert presque à rien quand le bon a été signé sans un mot : il faudrait prouver que les vingt sacs manquaient déjà au déchargement, contre un papier où votre magasinier a écrit le contraire. Une signature sans réserve ferme presque toujours la discussion — non parce qu’un texte l’interdit, mais parce que la preuve devient impossible.

Réception avec et sans réserves
Au quotidien Bon signé sans un mot Bon signé avec réserves
Ce que dit le papier
Qui doit prouver quoi
Trois semaines plus tard

Livraison partielle et refus : les deux cas qui font mal

Un dépôt de boissons d’Abidjan livre 30 casiers sur les 50 commandés. Le bon porte 30, plus une ligne « reste à livrer : 20 » : le client signe ce qu’il a reçu. Le second passage donne un second bon, rattaché à la même commande — c’est ce qui évite de facturer deux fois les mêmes casiers.

Le refus se documente sur place, ou jamais :

Du bon signé à la facture, puis au classeur

Le bon est la pièce qui autorise la facture, et la règle tient en une ligne : on facture les quantités du bon signé, pas celles de la commande. Rappeler son numéro sur la facture coûte une seconde et fait gagner une demi-journée en cas de contestation. C’est la logique du circuit devis, bon de commande, bon de livraison et facture.

Le trajet du document
  1. Le jour J La livraison Le bon constate ce qui est remis, et à qui. Les réserves s’écrivent ici.
  2. Ensuite La facture Elle reprend les quantités du bon signé et rappelle son numéro.
  3. Après Le classement Le double rejoint la facture : on ne cherche jamais l’un sans l’autre.

Reste ce double, que personne ne classe. Les livres comptables et les pièces justificatives se conservent dix ans (acte uniforme relatif au droit comptable et à l’information financière, art. 24), et un bon qui justifie une vente en fait partie : nos repères sur l’archivage valent aussi pour lui. Rangez-le ailleurs que sous le comptoir : le carbone, lui, s’efface.

Retrouver le bon n° 214 un mardi de contrôle : c’est la limite du papier. Wurus établit devis, commandes, factures et bons de livraison au même endroit, avec des modèles personnalisables et un QR code que le client scanne pour vérifier que le document vient bien de vous — comme pour vérifier l’authenticité d’une facture.

Questions fréquentes
Le bon de livraison est-il obligatoire ?
Nous n’avons trouvé, dans les textes communs de l’OHADA, ni obligation générale d’en établir un, ni liste de mentions imposée. C’est l’usage qui le veut : beaucoup d’acheteurs professionnels le réclament d’office, et sans bon vous n’avez aucune trace de la remise.
J’ai signé le bon de mon fournisseur sans compter. Ai-je encore un recours ?
Pour une vente entre commerçants, un défaut apparent se dénonce dans le mois qui suit la livraison (acte uniforme sur le droit commercial général, art. 258). Pour un défaut caché, l’action se prescrit un an après le jour où il a été constaté ou aurait dû l’être (art. 259). Le vrai obstacle reste la preuve : écrivez le jour même, photos à l’appui.
Une photo du bon signé envoyée sur WhatsApp a-t-elle une valeur ?
Entre commerçants, les actes de commerce se prouvent par tous moyens, même par voie électronique (art. 5). Une photo nette où le nom et les réserves se lisent vaut mieux que rien. Gardez l’original papier.
Le gardien peut-il signer à la place du magasinier ?
Cela arrive tous les jours, et c’est fragile. Faites écrire le nom en toutes lettres, la fonction et le téléphone de celui qui réceptionne, et prévenez le client le jour même. Le chauffeur ne signe jamais pour le client.
#Facturation #Documents commerciaux #Gestion #OHADA
Équipe WURUS Rédaction
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