Samedi, 19 h, une boutique de Grand-Yoff. La file va jusqu’à la porte. Le client devant vous prend trois cartons de jus pour son restaurant, tend un billet de 10 000 FCFA, et au moment où vous lui glissez le petit papier sorti de la caisse, il dit : « Non, il me faut une facture. » Six personnes attendent derrière lui. Vous sortez un bloc, vous recopiez à la main, vous inventez un numéro. Le client repart content ; vous venez de créer un document que personne ne retrouvera dans six mois.
La question « le ticket de caisse est-il obligatoire ? » a une réponse au Sénégal, et elle tient en une phrase, bien plus courte que vous ne l’imaginez. Vous saurez ce que ce texte impose, ce que l’usage met sur un ticket faute de règle écrite, quoi répondre quand un client réclame une facture, et pourquoi envoyer le ticket sur son téléphone règle une partie du problème.
Ticket de caisse obligatoire : ce que dit vraiment la loi
Le texte en vigueur est la loi n° 2021-25 du 12 avril 2021 sur les prix et la protection du consommateur, qui a abrogé les articles 32 à 91 de la loi 94-63 de 1994 que beaucoup citent encore. Elle traite du ticket de caisse à son article 9. Voici la phrase entière.
Pour certains secteurs ou branches dont la liste est fixée par arrêté du Ministre chargé du Commerce, tout vendeur de biens ou prestataire de services est tenu de délivrer à l’acheteur non professionnel qui en fait la demande, une facture, une quittance, un ticket de caisse ou tout autre document y tenant lieu.
- L’obligation ne vise que certains secteurs, listés par un arrêté du ministre chargé du Commerce. Cet arrêté, nous n’avons pas réussi à le consulter.
- Elle joue à la demande de l’acheteur non professionnel : rien n’impose de tendre un ticket à chaque client de la journée.
- Le ticket n’est qu’une des formes admises, à côté de la facture, de la quittance et de « tout autre document y tenant lieu ».
Ce que l’article ne dit pas compte autant : aucune liste de mentions n’est fixée pour le ticket de caisse. Les mentions obligatoires que vous avez vues circuler — raison sociale, adresse des parties, RCCM, NINEA, valeur hors taxes et toutes taxes comprises en chiffres et en lettres — sont celles de la facture, à l’article 13, et nous les détaillons dans l’article sur les mentions obligatoires d’une facture au Sénégal. Les recopier sur six centimètres de large n’aurait aucun sens.
Quand le client demande une facture et non un ticket
C’est la vraie question de la scène d’ouverture, et l’article 12 y répond : « Tout achat de biens ou toute prestation de services pour une activité professionnelle, doit faire l’objet d’une facture. » Le critère n’est ni le montant ni l’insistance du client : c’est l’usage qu’il fait de son achat. Le restaurateur qui prend trois cartons pour son établissement est dans ce cas ; la dame qui achète le même carton pour un baptême, non.
Le même article ajoute trois exigences que presque personne n’applique au comptoir : la facture se délivre dès la réalisation de la vente, l’acheteur est tenu de la réclamer, et elle « est rédigée en langue française et en double exemplaire ». L’article 14 impose de la conserver trois ans au moins, en liasses classées par date. Un bloc rempli à la hâte, avec un numéro inventé, en tient rarement plus d’une — et il ne portera ni les mentions de l’article 13, ni le classement que réclame l’article 14.
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1
Demandez si l’achat sert son activité. Si oui, c’est une facture, pas un ticket allongé.
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2
Relevez son nom ou sa raison sociale, son adresse exacte, son RCCM et son NINEA.
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3
N’immobilisez pas la file : encaissez, relevez les coordonnées, établissez la facture dès que le comptoir se vide. Le texte la veut à la vente, pas la semaine suivante.
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4
Établissez-la en français, avec vos RCCM et NINEA, la désignation, la quantité, le prix unitaire, les montants hors taxes et toutes taxes comprises.
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5
Sortez-la en deux exemplaires, classez le vôtre par date, gardez-le trois ans au moins.
Un logiciel de gestion sépare les deux, et c’est normal : la caisse sert à encaisser vite, la facture est un document commercial qu’on rédige posément, avec les mentions de l’article 13. Ne cherchez pas à faire dire au ticket ce qu’il ne dit pas.
Ce qu’on met sur un ticket : l’usage, pas l’obligation
Puisque la loi ne dit rien, c’est l’usage qui a fixé le contenu d’un ticket. Cet usage n’a rien d’arbitraire : chaque ligne a servi, un jour, à régler une contestation trois jours après la vente.
- Le nom du commerce, son adresse, son téléphone : où revenir et qui appeler.
- Le numéro et la date : sans numéro, aucun échange ni retour n’est traçable.
- Le détail des articles : désignation, quantité, unité, prix unitaire, total de ligne.
- Les remises, ligne par ligne et sur le total, écrites plutôt que fondues dans le prix.
- Le montant payé, le mode de paiement, et ce qui reste dû le cas échéant.
- Le nom du vendeur : le « vendu par » qui dira, une semaine plus tard, qui a consenti ce prix.
- Un code-barres ou un QR code du numéro, pour retrouver la vente au lieu de la chercher.
C’est à peu près la liste que porte le ticket de Wurus : logo, nom, adresse, téléphone et e-mail du point de vente, pas ceux du siège ; numéro, date, client et « vendu par » ; les lignes avec leur note d’article, quantité, unité et prix ; taxe, remise, livraison, totaux, payé et reste dû ; le détail de chaque mode de paiement quand la vente a été réglée en plusieurs fois ; et, au choix du point de vente, un code-barres ou un QR code du numéro de facture.
Le format papier : 58 mm, 80 mm, et ce que ça change
Le jour où vous achèterez une imprimante à tickets, vous tomberez sur deux largeurs de rouleau et presque rien d’autre : 58 mm et 80 mm. Ce sont des standards du marché, pas des obligations légales. Le 58 est plus étroit : l’imprimante tient moins de place, et le rouleau aussi. Il suffit à qui vend trois ou quatre articles par passage, au prix d’une désignation qui se coupe ou passe à la ligne. Le 80 laisse tenir une désignation entière sur une ligne, ce qui compte quand vos articles s’appellent « Huile végétale raffinée 5 litres ».
Le budget, le thermique ou le ruban, le tiroir, la douchette : c’est un sujet entier, traité dans le budget matériel de caisse en FCFA. Une imprimante thermique n’a pas d’encre mais un papier qui pâlit : un ticket oublié au soleil ou derrière un pare-brise devient illisible en quelques jours. Raison de plus pour garder la trace ailleurs.
Un mot pour éviter une déception. Dans Wurus, le ticket s’imprime par le navigateur : pas de format 58 ou 80 mm à choisir dans l’application, pas de pilote d’imprimante à tickets, pas d’impression silencieuse qui part toute seule. La largeur de ce qui sort dépend des réglages d’impression de votre appareil et de l’imprimante branchée dessus. Si votre projet repose sur un ticket calibré au millimètre, vérifiez ce point avant de vous engager, et lisez comment choisir entre un logiciel de caisse et une machine.
Le ticket digital : l’envoyer sur le téléphone du client
Posons un ordre de grandeur que vous pouvez refaire. Une boutique qui réalise 80 ventes par jour, six jours sur sept, imprime 24 960 tickets par an. Si un client sur quatre accepte de recevoir le sien sur son téléphone — hypothèse de calcul, pas statistique —, ce sont 6 240 tickets qui ne sortent pas de la machine.
Dans Wurus, l’écran qui suit la vente propose d’envoyer le ticket par e-mail, par WhatsApp ou par SMS, l’une des fonctions à passer en revue sur la page des fonctionnalités. Trois secondes de plus au comptoir, et trois choses changent.
- Le litige. « Je l’ai payé 12 000, pas 14 000 » se règle en ouvrant une conversation, pas en fouillant un carton de souches.
- Le retour. Le client qui a perdu son papier a toujours le message, avec le numéro et la date.
- Le rappel. Votre nom et votre numéro restent dans son téléphone, à côté de la conversation.
| Au quotidien | Ticket imprimé | Ticket envoyé |
|---|---|---|
| Remise au client | ± | ± |
| Durée de vie | ✗ | ✓ |
| Retrouver une vente | ✗ | ✓ |
| En cas de contestation | ± | ✓ |
Le même réflexe vaut pour les documents plus lourds : nous avons détaillé comment envoyer une facture par WhatsApp sans y passer la matinée. Si vous hésitez sur le canal, commencez par WhatsApp, celui que le plus grand nombre de vos clients a déjà installé.
Ne faites pas du ticket un point de blocage
Le ticket se remet à la fin, pendant que le client range sa monnaie ; la demande de facture se traite après la file. Prenez les coordonnées, encaissez, établissez la facture quand la boutique se vide : l’acheteur professionnel n’en a pas besoin dans la seconde, les six personnes derrière lui ont besoin d’avancer — voyez comment encaisser plus vite sans bousculer le client. Affichez la règle sur une feuille A4 derrière le comptoir : à qui on donne un ticket d’office, à qui on propose l’envoi, quoi faire quand quelqu’un réclame une facture.